Situé à la frontière belgo-française, Villers-devant-Orval est un village typiquement gaumais.  C'est un cours d'eau, la Marche, qui marque la limite entre les deux pays.

Villers traverse les âges et trouve déjà son origine à l'époque romaine.  L'époque franque et le Moyen-Age ne sont pas en reste en matière de vestiges et découvertes préciseuses.

De nombreuses promenades démarrent de Villers, à destination d'Auflance, Saint-Walfroy, Margny, Avioth, ...

Mais il faut avant tout se laisser envoûter par l'atmosphère du village gaumais en sillonnant les rues.  On peut y voir, tantôt
de vieilles fermes du XVIIIème, un manoir classé du XVIIème, tantôt les ruines du château du VIème siècle, un ancien moulin ou encore la fontaine Saint-Gengoulf  (saint patron de l'église).

Possessions de l'abbaye à Villers-devant-Orval
Selon la charte de donation aux moines d'Orval en 1124, Conon, seigneur de Villers (Villare) laisse penser que Villers avait déjà une certaine importance à l'époque.
Dès l'origine de la loi de Beaumont, le seigneur de Villers dépendant du duc de Bar, accorda les franchises consacrées par cette loi ou charte (1378).

L'érection de forges à Orval et à Villers en 1530 devait sans doute attirer les populations chez nous.  Mais les guerres successives entre la France et les Pays-bas, puis les famines décimèrent les populations.  Après 1550, les actes contenant concession ou acquisition de « masures » nous disent bien que le village fut plus ou moins détruit.
Le compte-rendu de la visite des églises en 1570 nous renseigne qu'Auflance et Villers avaient ensemble 360 communiants.  Nous croyons que Villers possédait près des 2/3 de ce nombre, ce qui pouvait représenter une population de plus de 300 âmes.  Villers fut à nouveau détruit entièrement en 1637 par les troupes françaises menées par le maréchal de Châtillon.  Vers 1659 on ne comptait que tout au plus 200 habitants.  La reprise des activités économiques par la suite surtout à Orval, provoqua une reprise de natalité : vers le début des années 1700 atteignant une population supérieure à celle de nos jours.  A l'époque certaines rues actuelles n'existaient pas encore et les maisons étaient nettement plus petites.  Par la suite plusieurs maisons furent accolées les une aux autres et certaines furent converties en bâtiments agricoles, écuries, etc.  Dans la rue de Margny par exemple et dans la rue Coupée plusieurs maisons furent converties en écuries et grangettes.  Nombre d'habitants furent ruinés et réduits à vendre petit à petit leur patrimoine à l'abbaye d'Orval, seul acquéreur capable de payer comptant après des désastres aussi prolongés.  La reprise au début du XVIIIème siècle se manifeste par la construction de plusieurs maisons appartenant à des personnes aisées: les maisons Burton et Goffinet-Allard en 1717, l'ancienne maison Lefort puis Moulu bâtie en 1718 par Walter Ransonnet; la maison Dubrulle et celle du receveur des douanes qui ne faisaient qu'une à l'époque, bâtie par Jean Lallemand en 1733.  Dans une de ces caves existe encore aujourd'hui une fontaine où on lavait le linge d'Orval.  Citons encore la maison Trembloy (Lenel) puis la vaste maison Antonelli dont nous parlerons plus loin.

Le voisinage d'Orval, répétons-le, procurait un travail rémunérateur à de nombreux ouvriers de toute profession, cause directe de cette reprise de l'aisance à Villers.
Cette évolution aurait dû se poursuivre s'il n'y avait eu la révolution de 1789.  Si l'abbaye avait acquis au fil des ans presque l'entièreté du territoire de Villers, comme l'attestent les nombreux actes, il n'en demeure pas moins vrai qu'en procurant l'aisance par l'industrie et le commerce et en nourrissant leurs pauvres, l'abbaye rendait à ceux de Villers, au décuple et plus encore, les revenus qu'elle tirait de leur territoire.  La destruction d'Orval, en arrêtant toutes les industries, vint leur enlever tous les moyens d'existence.
La population fut par la suite en décroissance.